Lors d’une émission diffusée par la télévision publique, le président du Parlement africain, Fateh Boutbig, est revenu en détail sur les coulisses de l’accession de l’Algérie à la présidence de cette institution continentale. Il a évoqué un processus diplomatique de long terme, les tensions ayant marqué l’élection, ainsi que les réformes envisagées pour moderniser le fonctionnement du Parlement africain et renforcer son rôle sur la scène continentale.
Le président du Parlement africain, Fateh Boutbig, a estimé que l’accession de l’Algérie à la présidence de cette institution continentale dépasse le simple cadre d’un succès diplomatique ponctuel.
Selon lui, cette évolution s’inscrit dans un processus politique et diplomatique de long terme porté par Alger sur la scène africaine, sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Il a souligné que la stratégie algérienne repose sur une vision articulée autour du renforcement de la coopération africaine, de la défense de la souveraineté des États et de l’accompagnement des dynamiques de développement et de stabilité sur le continent.
Dans cette perspective, le soutien institutionnel et politique apporté à la candidature algérienne aurait joué un rôle déterminant dans l’obtention de la présidence.
Pour le responsable du Parlement africain, cette dynamique traduit également une doctrine diplomatique fondée sur le dialogue, la recherche de consensus et l’action collective africaine, en rupture avec les logiques de confrontation et de polarisation.
Revenant sur le déroulement du scrutin, Fateh Boutbig a indiqué que la candidature algérienne s’était inscrite dans un contexte particulièrement sensible, marqué par ce qu’il a décrit comme plusieurs tentatives d’entrave visant à influencer le processus électoral et à modifier les équilibres internes de l’institution.
Selon ses propos, certaines parties auraient cherché à perturber le bon déroulement du vote et à limiter l’influence de l’Algérie au sein du Parlement africain. Il a également évoqué une « campagne hostile » attribuée à la partie marocaine durant les élections, dont l’objectif, selon lui, aurait été non seulement d’empêcher la victoire de l’Algérie, mais aussi de fragiliser la tenue même de la session plénière.
Ces actions auraient, toujours selon lui, consisté à créer un climat de tension et à tenter d’influencer le processus décisionnel au sein de l’institution. Malgré ces obstacles, il a affirmé que la diplomatie algérienne a réussi à surmonter ces pressions grâce à sa mobilisation et à la confiance dont elle bénéficierait auprès de plusieurs pays africains.
Le président du Parlement africain considère que cette élection illustre le retour en force de la diplomatie algérienne en Afrique, notamment à travers ses initiatives politiques, ses projets de développement et son engagement dans les dossiers de paix et de stabilité sur le continent.
Cette dynamique, selon lui, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence de l’Algérie dans les espaces de décision africains et à consolider son rôle dans les questions régionales majeures. Au-delà de l’élection, Fateh Boutbig a annoncé une série de réformes qu’il souhaite engager au sein de l’institution parlementaire africaine.
Celles-ci porteront sur les aspects juridiques et organisationnels, avec l’objectif affiché de moderniser les structures et d’améliorer l’efficacité du fonctionnement interne. Il a notamment évoqué une réorganisation des commissions, dont celle des règles, qui sera intégrée à la commission de l’Afrique du Nord, afin de renforcer le travail de révision des textes et d’adapter le cadre réglementaire aux nouvelles réalités du continent.
Cette réforme viserait, selon lui, à doter le Parlement africain d’outils plus efficaces pour accompagner les mutations politiques, économiques et sécuritaires de l’Afrique, et pour mieux répondre aux attentes des populations.
Dans un autre registre, le président du Parlement africain a annoncé son intention d’ouvrir le dossier de la corruption dans l’arbitrage sportif sur le continent. Il a précisé que cette initiative s’inscrirait dans le cadre juridique de l’institution et dans une démarche plus large de promotion de la transparence.
Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs compétitions africaines font régulièrement l’objet de controverses liées à l’arbitrage et à la gouvernance sportive.
Pour lui, la lutte contre la corruption, quel que soit son domaine, constitue un pilier essentiel de la construction d’une Afrique fondée sur la bonne gouvernance, la transparence et le respect des règles.
En conclusion, le responsable parlementaire a insisté sur le fait que l’Algérie, à travers cette responsabilité à la tête du Parlement africain, ne recherche pas un gain symbolique, mais entend contribuer à la construction d’une vision africaine commune fondée sur la solidarité, l’intégration et la défense des intérêts des peuples du continent.
Il a estimé que cette présidence doit être envisagée comme une opportunité collective, dont le succès dépasserait le cadre national pour s’inscrire dans une dynamique africaine plus large.

