Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a effectué hier une visite officielle au Niger, accompagné d’une délégation de haut niveau comprenant Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Abed Hallouz, directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AACISD).
Accueilli à l’aéroport international Diori Hamani par son homologue nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, ainsi que par plusieurs membres du gouvernement, Sifi Ghrieb a marqué, à travers cette visite, une nouvelle étape dans la consolidation des liens historiques entre Alger et Niamey.
Au centre de ce déplacement figure l’inauguration de la centrale électrique de la solidarité algéro-nigérienne, située dans la région de Gorou Banda, près de Niamey. D’une capacité de 40 mégawatts, cette infrastructure, réalisée par Sonelgaz International sous la supervision du ministère de l’Énergie, représente bien plus qu’un simple projet technique.
Elle constitue une véritable bouffée d’oxygène pour le réseau électrique du Niger, confronté à de fréquentes coupures. Ce qui frappe dans ce projet, c’est sa réalisation en un temps record. Livrée en moins de trois mois, soit avec six mois d’avance sur le calendrier initial, la centrale illustre l’efficacité et la détermination des deux pays à traduire les engagements en réalisations concrètes.
Mais au-delà de l’aspect technique, c’est sa dimension humaine et pédagogique qui distingue cette réalisation. Fidèle à l’esprit de la coopération Sud-Sud, l’Algérie n’a pas seulement fourni des équipements conformes aux normes internationales. Elle a également assuré la formation d’une dizaine d’agents de la Société nigérienne d’électricité (Nigelec) en Algérie, dans le cadre d’un transfert de savoir-faire destiné à renforcer les compétences locales et à garantir l’autonomie du Niger dans la gestion de son réseau électrique.
La cérémonie d’inauguration, marquée par la remise de distinctions aux artisans de ce projet et le dévoilement de la plaque commémorative, a mis en lumière une coopération bilatérale désormais passée du stade des accords à celui des réalisations concrètes.
À cette occasion, Sifi Ghrieb a souligné que cette centrale n’était que « le début d’un parcours prometteur », exprimant une vision de « solidarité africaine répondant aux attentes des citoyens, tout en construisant un avenir commun marqué par la stabilité, la sécurité et la prospérité partagée ».
Cette visite, la deuxième en quelques mois, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations bilatérales, alors que le Niger réorganise ses alliances régionales au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le président nigérien, le général de brigade Abdourahamane Tiani, a reçu le Premier ministre à cette occasion, témoignant de la portée politique de ce déplacement.
Contrairement à d’autres acteurs qui ont choisi de suspendre ou de réduire leur engagement au Niger, l’Algérie mise sur le pragmatisme et la constance. En maintenant un dialogue direct avec les autorités de transition nigériennes, elle réaffirme son rôle de partenaire fiable et central dans les équilibres géopolitiques du Sahel.
Cette approche s’est concrétisée lors de la récente visite du général Tiani à Alger, qui a permis d’accélérer la concertation politique et d’élargir les programmes de coopération. Les deux pays misent désormais sur des réalisations concrètes : infrastructures, transfert de compétences, soutien social et actions humanitaires.
Les deux États ambitionnent ainsi d’ancrer un partenariat durable, capable de répondre aux aspirations des peuples et de consolider la stabilité régionale. En choisissant l’énergie comme domaine prioritaire de coopération, l’Algérie affirme sa capacité à agir rapidement et efficacement dans le Sahel.
Pour le Niger, la centrale de Gorou Banda constitue à la fois un outil de développement économique et un signal fort démontrant que la coopération bilatérale peut produire des résultats tangibles lorsque la volonté politique et la coordination technique sont réunies.
Cette visite confirme que l’axe Alger-Niamey est plus que jamais dynamique. Alors que les défis sécuritaires et économiques persistent dans la région, les deux pays montrent la voie d’une coopération Sud-Sud ambitieuse, fondée sur la confiance mutuelle, le partage d’expertises et la réalisation de projets structurants.
Comme l’a résumé un observateur local : « L’Algérie ne se contente pas de parler de solidarité africaine, elle la met en pratique. »

