À Amman, Ahmed Attaf n’a pas seulement pris part à une réunion diplomatique de plus. Il a porté, au nom de l’Algérie, une parole de constance dans un moment où El-Qods subit une pression accrue, méthodique, presque obsédante.
Arrivé mardi soir dans la capitale jordanienne, le ministre d’État a représenté le président Abdelmadjid Tebboune à la réunion ministérielle de soutien à El-Qods et à ses Lieux saints. Autour de la table, les membres du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale contre les politiques israéliennes dans la ville occupée, rejoints par l’Indonésie, le Pakistan, la Turquie et la Malaisie.
Le roi Abdallah II a reçu les chefs de délégation, donnant à la rencontre un cadre solennel à la mesure de la gravité du moment. Car la situation à El-Qods ne relève plus du simple constat politique.
Les incursions répétées de colons dans la mosquée Al-Aqsa, les tentatives de modifier le statut juridique et historique de la ville, la pression démographique exercée pour brouiller ses repères arabes, islamiques et chrétiens dessinent une stratégie de transformation forcée.
C’est contre cette réalité qu’Ahmed Attaf a élevé la voix, en mettant en garde contre les manœuvres de judaïsation et en appelant à une riposte collective, politique et diplomatique. Son message s’est voulu clair : il faut activer les mécanismes disponibles, protéger les droits des Palestiniens, et soutenir la résilience des habitants d’El-Qods en consolidant le rôle des institutions nationales palestiniennes sur place. L’Algérie, a-t-il rappelé, ne s’écarte pas de sa ligne historique. Son soutien au peuple palestinien demeure entier, et sa disponibilité reste intacte pour toute initiative sérieuse visant à défendre la ville sainte.
À l’issue des travaux, les participants ont adopté une déclaration conjointe condamnant fermement les pratiques israéliennes et appelant à intensifier les initiatives, coordonner les efforts et soutenir la résistance palestinienne par tous les moyens possibles.
En marge de la réunion, Attaf a également multiplié les échanges, notamment avec Mohammad Ishaq Dar, chef de la diplomatie pakistanaise, et avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy.
Ces entretiens ont confirmé une autre dimension de ce déplacement : la volonté d’élargir les convergences, de relancer les passerelles arabes et de maintenir la question palestinienne au centre de l’action commune.
À Amman, l’Algérie a donc choisi de rester dans le champ de la parole utile, celle qui nomme les choses, alerte, rassemble et refuse l’effacement. Dans l’épreuve que traverse El-Qods, cette présence diplomatique dit une fidélité ancienne, celle d’un pays qui considère la ville sainte comme une cause de principe, et non comme un dossier parmi d’autres.

