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Alger

Face aux crimes

Les incendies qui ont ravagé plusieurs régions du pays ont laissé derrière eux un paysage de désolation, des familles endeuillées, des blessés et un profond choc collectif. Dans ces moments de sidération, la colère est légitime.

Elle l’est d’autant plus que la piste criminelle ne peut être écartée et que la destruction de nos forêts pourrait résulter d’une volonté délibérée de nuire. C’est dans ce climat lourd que les autorités ont annoncé leur intention de durcir fortement les sanctions contre les auteurs d’incendies volontaires, jusqu’à envisager le retour effectif à l’exécution de la peine capitale.

Cette décision, annoncée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, marque une rupture avec le moratoire observé depuis plus de trois décennies. L’ensemble du pays est aujourd’hui traversé par une émotion immense.

Et devant des drames d’une telle ampleur, beaucoup réclament des réponses à la hauteur des horreurs commises. Brûler une forêt, mettre des villages en danger, provoquer la mort ou exposer des citoyens à l’horreur ne peut être traité comme un crime ordinaire.

Il faut identifier les responsables, les juger avec rigueur et les sanctionner sans faiblesse. Mais la gravité d’un crime ne dispense jamais l’État de l’exigence de justice. Une peine irréversible impose des garanties irréprochables.

Dans toute affaire où la vie d’un accusé est en jeu, l’enquête doit être complète, les preuves incontestables, la défense pleinement assurée et le procès protégé de toute pression née de l’émotion populaire.

La lutte contre les incendies criminels ne peut pas se réduire à la sévérité d’une sanction. Elle suppose aussi des moyens de prévention solides, une surveillance renforcée des espaces forestiers, des enquêtes techniques efficaces et une coordination permanente entre les services de sécurité, la justice, la Protection civile et les collectivités locales. Punir les coupables est indispensable.

Empêcher le crime de se produire l’est tout autant. En tout cas, le débat sur la peine de mort ne manquera pas de diviser. Certains y verront une réponse dissuasive à une violence insupportable.

D’autres redouteront l’abandon d’un chemin de retenue judiciaire suivi par l’Algérie depuis 1993. Ces interrogations sont légitimes. Face à l’épreuve, le pays a besoin de fermeté, mais aussi de sang-froid.

La justice doit protéger la société, réparer autant que possible l’offense faite aux victimes et rappeler que nul ne peut impunément s’attaquer à la vie, à la terre et à l’avenir collectif.

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L'express quotidien du 10/09//2026

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