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Alger

L’Algérie en première ligne contre les rançons

Une fois encore, l’ONU, à travers un rapport accablant, pointe du doigt certaines monarchies du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, comme sources potentielles de financement des groupes terroristes actifs dans la région sahélienne.

Si le rapport onusien ne nomme pas le payeur, trois sources régionales citées par Reuters identifient cependant les Émirats arabes unis. Sur le front de la lutte contre le financement du terrorisme par le paiement de rançons, l’Algérie défend depuis longtemps une position particulièrement ferme.

Le pays a criminalisé le paiement des rançons dès 2012, considérant cette pratique comme l’un des moyens utilisés par les groupes terroristes pour financer leurs actions déstabilisatrices contre les États.

En 2017, à Alger, des experts internationaux avaient insisté sur l’importance d’une mise en œuvre « rigoureuse » du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon et d’élimination des avantages qui en découlent, tout en saluant les efforts consentis par le gouvernement algérien dans la lutte antiterroriste.

Ces recommandations avaient été formulées lors d’un atelier consacré aux meilleures pratiques internationales en matière de prise en charge et de prévention des enlèvements contre rançon, organisé conjointement par le Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) et le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT).

Les participants avaient alors estimé qu’une « mise en œuvre effective » du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon et d’élimination des avantages qui en découlent contribuerait fortement aux efforts des gouvernements visant à améliorer l’efficacité de leurs actions contre les prises d’otages et, par ricochet, contre le terrorisme.

La prévention des enlèvements contre rançon constitue en effet un volet important de la lutte antiterroriste, dans la mesure où les sommes versées pour obtenir la libération des otages peuvent contribuer directement au financement des organisations terroristes et de leurs activités. Le coordinateur résident des Nations unies en Algérie, Eric Overvest, avait notamment souligné que ces sommes « aident grandement au financement des organisations terroristes et de leurs actes ».

Faisant référence au Mémorandum d’Alger, le représentant des Nations unies avait insisté sur la nécessité de sa mise en pratique afin de freiner les enlèvements contre rançon. « Il y a une recrudescence des enlèvements contre rançon au Sahel, ces dernières années. Les groupes terroristes tels que Daech et Al-Qaïda ont de plus en plus recours à ce type d’opérations comme moyen de collecter des fonds », avait-il averti.

Le rapport des experts de l’ONU remet ainsi au premier plan la question du financement des groupes terroristes opérant au Sahel et, plus largement, en Afrique. Les accusations visant certains acteurs du Golfe devront toutefois être distinguées des éléments explicitement établis dans le rapport et des informations attribuées par Reuters à des sources régionales.

Pour l’Algérie, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies, la lutte contre les prises d’otages contre rançon et contre les circuits de financement du terrorisme constitue depuis plusieurs années un enjeu majeur de la sécurité régionale et internationale.

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L'express quotidien du 27/08//2026

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