Ségolène Royal, présidente de l’Association France–Algérie (AFA), plaide pour un approfondissement du processus de réconciliation entre Alger et Paris, estimant que les relations bilatérales sont engagées dans une phase de réchauffement qu’il convient de consolider.
Dans un entretien accordé à nos confrères de TSA, l’ancienne ministre française affirme avoir joué un rôle dans ce dégel récent, qu’elle attribue à une dynamique d’intérêt mutuel entre les deux pays.
Elle évoque notamment ses échanges avec le président Abdelmadjid Tebboune lors de sa rencontre du 27 janvier dernier, soulignant la volonté commune d’avancer vers une normalisation des relations, fondée sur une approche équilibrée et gagnant-gagnant.
Selon elle, les deux pays disposent de multiples leviers de coopération encore sous-exploités, notamment dans les domaines économique, énergétique, culturel, sécuritaire, ainsi que dans la gestion des questions mémorielles et des biens et archives historiques. Ségolène Royal insiste sur la nécessité de gestes symboliques et concrets pour dépasser les contentieux du passé et ouvrir la voie à une relation apaisée.
Elle estime que la réconciliation passe par un traitement serein de la mémoire coloniale et par une reconnaissance mutuelle permettant de projeter les relations franco-algériennes vers l’avenir. Sur le plan économique, elle met en avant les intérêts convergents entre les deux pays et appelle à renforcer les partenariats dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture, la santé, ou encore l’intelligence artificielle.
Elle souligne également l’importance du rôle du secteur privé et des entreprises des deux rives de la Méditerranée dans la relance des échanges. Dans cette perspective, elle exprime un souhait fort : celui de voir se développer des échanges universitaires et étudiants entre la France et l’Algérie, afin de favoriser la mobilité, la formation et une coopération durable entre les jeunesses des deux pays.
Revenant sur son action à la tête de l’AFA, elle affirme avoir privilégié une démarche d’écoute et de respect des positions algériennes, sans conditions préalables ni préjugés. Elle considère que cette approche a contribué à faciliter le rapprochement diplomatique récent, en particulier après la visite du ministre français de l’Intérieur en Algérie.
Enfin, Ségolène Royal refuse de se projeter dans des scénarios politiques hypothétiques concernant l’éventuelle arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France en 2027. Elle attribue les résistances à la normalisation des relations franco-algériennes à certains courants nostalgiques de la période coloniale, qu’elle juge en perte d’influence à mesure que la coopération entre les deux pays progresse.
Elle conclut en appelant à dépasser les instrumentalisations politiques du passé et à renforcer une relation tournée vers l’avenir, au service des jeunes générations des deux rives de la Méditerranée.

