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Alger et Paris renouent des liens de coopération

La visite de travail effectuée à Paris par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, s’inscrit dans le cadre de la relance progressive des canaux de dialogue entre l’Algérie et la France, sur la base d’échanges encadrés et de dossiers clairement identifiés par les deux parties.

Durant deux jours, le ministre algérien a tenu plusieurs entretiens avec son homologue français, Laurent Nuñez, consacrés à des questions relevant de la sécurité intérieure, de la lutte contre la criminalité organisée, du narcotrafic, de la fraude documentaire, ainsi que de la lutte contre l’immigration irrégulière.

La sécurité civile a également été abordée dans le cadre de la coopération technique entre services compétents. La dimension institutionnelle de cette visite a été renforcée par la réception de Saïd Sayoud au Palais de l’Élysée, où une séance de travail a été présidée par le président français Emmanuel Macron, en présence du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ainsi que de représentants diplomatiques des deux pays. Un format qui témoigne de l’attention accordée à la consolidation du dialogue entre Alger et Paris au plus haut niveau.

Les échanges ont permis de réaffirmer une volonté commune de relancer la coopération bilatérale sur des bases qualifiées de pragmatiques et progressives, avec un accent mis sur des résultats concrets. Il a été convenu de rétablir des mécanismes de travail réguliers entre administrations, dans le respect des priorités de chaque partie et des équilibres de coopération.

Sur le plan opérationnel, plusieurs axes prioritaires ont été identifiés, notamment la lutte contre les réseaux de trafic de stupéfiants, la poursuite des individus impliqués dans la criminalité organisée, ainsi que la lutte contre l’immigration irrégulière et la fraude documentaire.

Dans ce cadre, la partie française a annoncé le renforcement de son dispositif de coopération en Algérie à travers la désignation d’un attaché adjoint de sécurité intérieure issu de la gendarmerie nationale, présenté comme un appui technique destiné à améliorer la coordination entre services.

La question migratoire a été abordée dans une approche globale intégrant les mobilités légales, la gestion des retours et la lutte contre les flux irréguliers. Les discussions ont également porté sur la nécessité de consolider les canaux de communication opérationnels entre les deux administrations, dans un contexte marqué par des enjeux sensibles et des intérêts parfois divergents.

S’agissant des laissez-passer consulaires liés aux obligations de quitter le territoire français (OQTF), les autorités françaises ont indiqué que les échanges ont permis de confirmer une reprise de la coopération, avec une mobilisation des représentations consulaires algériennes en France et une perspective de montée en cadence des retours dans le cadre des procédures en vigueur.

Enfin, la question de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, au séjour et à l’emploi des ressortissants algériens a été évoquée. Les deux parties ont convenu d’engager un travail de réflexion sur la base de propositions concrètes attendues de la partie française en vue de faire évoluer ce dispositif.

Ce dossier, régulièrement au centre des débats politiques en France, demeure suivi avec attention par Alger, dans un contexte où Paris exprime depuis plusieurs années sa volonté de réviser certaines dispositions, notamment celles liées à l’immigration familiale, tandis que des forces politiques françaises plaident pour une refonte plus large, voire son abrogation.

Dans cet esprit, cette visite s’inscrit dans une dynamique de reprise progressive et encadrée du dialogue, où chaque partie veille à la préservation de ses intérêts et à la gestion équilibrée des dossiers en suspens, dans un cadre de coopération encore en phase de consolidation.

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L'express quotidien du 04/06//2026

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