27.7 C
Alger

Le président de la République assène ses punchlines

Visas, mémoire, partenariat avec l’Union européenne, coopération avec l’Allemagne et l’Espagne, ainsi que sécurité régionale. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a clarifié plusieurs dossiers stratégiques, réaffirmant les positions constantes de l’Algérie et les nouvelles orientations de son développement économique.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé, lundi soir, les principes qui guident la politique extérieure de l’Algérie ainsi que les priorités économiques du pays, à l’occasion de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée sur les chaînes de télévision et de radio nationales. Au cours de cet échange, il est revenu sur les relations avec la France, la révision de l’Accord d’association avec l’Union européenne, le développement des partenariats avec plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ainsi que sur les principaux dossiers régionaux.

L’Algérie n’a jamais demandé de quotas de visas

Le chef de l’État a tenu à répondre aux contre-vérités qu’il estime entretenues autour des relations entre Alger et Paris. S’adressant, selon ses termes, « aux Algériens avant nos amis français », il a rappelé que l’Algérie « ne fait jamais la manche », rejetant les discours laissant croire que le pays aurait sollicité une augmentation du nombre de visas délivrés par la France.

Le président Tebboune a affirmé sans équivoque que « le président algérien n’a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas », rappelant que l’octroi des visas relève exclusivement de la souveraineté des États.

Cette mise au point intervient après la polémique suscitée en France à la suite des déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie sur la délivrance des visas. Plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite y avaient vu une prétendue concession faite à l’Algérie. Le Quai d’Orsay avait pourtant précisé que la question des visas ne figurait pas parmi les sujets abordés dans les discussions engagées entre Alger et Paris. Le président français Emmanuel Macron avait lui aussi affirmé qu’il n’existait « aucun objectif chiffré » en matière de visas.

Une position constante sur la mémoire

Le président de la République est également revenu sur le dossier mémoriel, objet de nombreuses polémiques dans le débat politique français.

Il a rappelé que la position officielle de l’Algérie est claire et constante : elle réclame la reconnaissance officielle du passé colonial de la France, sans jamais avoir demandé d’excuses, de repentance ni d’indemnisation.

« Je n’ai jamais demandé d’excuses, je n’ai jamais demandé d’indemnisation », a insisté le président de la République.

Dans le même esprit, il convient de rappeler que la loi criminalisant le colonialisme, adoptée par le Parlement en avril dernier, a été amendée afin de retirer les dispositions initiales relatives aux excuses et aux indemnisations, en cohérence avec la position officielle de l’État.

Union européenne : réviser un accord devenu inadapté

Abordant les relations avec l’Union européenne, le président de la République a souligné la nécessité de réviser l’Accord d’association signé en 2005.

Il a expliqué que cet accord avait été conclu dans un contexte exceptionnel où l’économie nationale dépendait presque exclusivement des exportations d’hydrocarbures.

Aujourd’hui, a-t-il relevé, la diversification de l’économie algérienne impose une adaptation de cet accord afin qu’il reflète les nouvelles capacités de production du pays.

À titre d’exemple, il a rappelé que l’Algérie importait près de trois millions de tonnes de ciment en 2016, alors que ses capacités de production dépassent désormais quarante millions de tonnes.

Le président Tebboune a indiqué avoir évoqué cette question avec plusieurs dirigeants européens, notamment allemands et espagnols, insistant sur l’ouverture du marché européen aux produits algériens.

Il a souligné que les matériaux de construction, les produits sidérurgiques ainsi que les produits agricoles et agroalimentaires nationaux disposent désormais d’un niveau de qualité leur permettant d’accéder aux marchés européens.

Selon lui, cette demande a reçu un accueil favorable de plusieurs pays européens, en particulier de l’Italie.

Allemagne : un partenariat d’excellence fondé sur le transfert de technologie

Le président de la République a qualifié les relations algéro-allemandes d’excellentes, estimant que les accords récemment conclus entre les deux pays ont hissé ce partenariat à un niveau d’excellence grâce au transfert de technologie.

Il a cité le projet Opel de fabrication locale de moteurs automobiles, qui permettra à l’Algérie d’intégrer pleinement le domaine de la mécanique de précision en s’appuyant sur les sciences appliquées orientées vers les besoins de l’industrie nationale.

Dans le secteur énergétique, le président Tebboune a rappelé l’ambition de l’Algérie de devenir le principal fournisseur de l’Allemagne en hydrogène vert grâce à un gazoduc qui transitera par l’Autriche.

Il a également évoqué l’étude d’un vaste programme de centrales solaires destinées à produire de l’électricité qui pourrait être exportée vers l’Europe via l’Italie.

Dans le domaine pharmaceutique, il a indiqué que l’Allemagne avait accepté de transférer à l’Algérie quatre molécules pharmaceutiques de pointe permettant la fabrication locale de médicaments innovants, notamment dans la lutte contre le cancer.

Le président a ajouté que cette coopération repose sur un climat de confiance mutuelle et nécessite un environnement favorable que l’Algérie s’emploie à renforcer grâce au développement de l’intelligence artificielle, de la robotique et à la formation de milliers d’ingénieurs.

Il a estimé que ces partenariats démontrent que l’Algérie demeure un partenaire fiable sur la scène internationale, contrairement aux discours évoquant son prétendu isolement.

Espagne : de nouveaux accords économiques attendus

Évoquant les relations avec l’Espagne, le président de la République a annoncé la signature, au mois d’octobre prochain, de plusieurs accords bilatéraux couvrant différents secteurs économiques, notamment celui de l’énergie.

Il a également fait état d’un projet de partenariat portant sur la fabrication en Algérie d’équipements et de composants destinés aux stations de dessalement de l’eau de mer afin d’accroître le taux d’intégration nationale dans cette filière.

Le président a rappelé que l’Italie demeure aujourd’hui le premier importateur de gaz algérien, devant l’Espagne puis la France.

Voisinage : une politique fondée sur le bon voisinage et la stabilité

Le président Tebboune a réaffirmé que l’Algérie ne fera jamais de mal à ses voisins, estimant que les Algériens pouvaient être fiers de cette ligne de conduite.

Il a affirmé que le terrorisme n’est ni un héritage ni une fatalité en Afrique, soutenant que ceux qui prétendent aujourd’hui aider le Mali à combattre ce phénomène sont, selon lui, parmi ceux qui l’ont créé ou favorisé.

Le chef de l’État a rappelé les liens séculaires de fraternité et de bon voisinage unissant l’Algérie et le Mali.

Concernant la Tunisie, il a dénoncé les tentatives visant à déstabiliser ce pays afin de l’isoler de l’Algérie. « Celui qui touche la Tunisie nous touche », a-t-il affirmé, réitérant le soutien constant de l’Algérie à son voisin.

Moyen-Orient : une action concertée pour la stabilité

Abordant la situation au Moyen-Orient, le président de la République a indiqué que l’Algérie œuvre au règlement de plusieurs crises en coordination avec des pays comme l’Égypte et l’Arabie saoudite.

Il a toutefois regretté qu’un « petit État » continue, selon ses propos, à alimenter les tensions et à déstabiliser certains pays de la région.

Articles de meme catégorie

L'express quotidien du 30/07//2026

Derniers articles