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Alger

Fraternité retrouvée

Il y a encore peu, les relations entre Alger et Bamako étaient au plus bas. Aujourd’hui, le ton a radicalement changé. Le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, évoque désormais une « convergence totale de vues » avec le président Abdelmadjid Tebboune.

Un changement de cap qui pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays. Devant les journalistes, lors du Grand Oral consacré au bilan de la Transition, Maïga n’a pas seulement salué la qualité des liens entre les deux pays. Il a rappelé les principes qui les fondent désormais : le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence.

Les divergences d’hier, a-t-il reconnu, sont derrière eux. Puis, comme pour ancrer ce propos dans quelque chose de plus personnel, il a récité un couplet de Kassaman. Formé à l’ENA d’Alger, comme d’autres responsables maliens, il a ainsi redonné chair à une histoire commune que la diplomatie avait momentanément reléguée au second plan.

Ce geste renvoie à des liens plus anciens que les crises récentes : des échanges séculaires, des parcours partagés, une proximité humaine que ni les frontières ni les tensions politiques n’ont jamais totalement effacée. Le président Tebboune l’avait déjà souligné à sa manière, en rappelant que les deux pays sont « condamnés à s’entendre ».

Les dirigeants passent, les réalités géographiques et humaines demeurent. Et dans un Sahel où le chaos guette, isoler un voisin pour en faire une proie facile n’a jamais constitué une stratégie durable. La détente intervient dans un moment délicat. Au nord du Mali, la situation sécuritaire s’est dégradée. Kidal est tombée entre les mains d’une coalition de groupes jihadistes et indépendantistes.

L’armée malienne cherche un second souffle. Dans ce contexte, le retour au dialogue avec l’Algérie n’est pas seulement une affaire de protocole. Il ouvre la possibilité d’une coordination plus sereine face à des menaces qui, elles, ne connaissent pas les frontières.

Les deux pays partagent, au fond, la même exigence : une région pacifiée, débarrassée du terrorisme et de toute forme d’hégémonie extérieure. Les relations entre États voisins restent toujours fragiles. Elles se nourrissent de confiance autant que d’intérêts.

Mais lorsque le Premier ministre malien affirme que le dialogue, le respect mutuel et la défense des intérêts respectifs restent le socle des relations bilatérales, et que le président algérien refuse d’emblée toute ingérence dans les affaires d’autrui, un espace se rouvre.

Un espace où les deux peuples ont davantage à gagner à se comprendre qu’à s’accuser. Ce n’est pas encore une alliance scellée. C’est, plus simplement, le retour du possible. Et dans une région qui en a tant besoin, cela compte.

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L'express quotidien du 06/10//2026

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