26.9 C
Alger

L’Algérie « attachée » aux principes du Mouvement des non-alignés

L’Algérie a réaffirmé, à Belgrade, son attachement à la doctrine du non-alignement, considérée non comme un héritage diplomatique figé, mais comme un choix souverain dicté par les bouleversements du monde actuel.

Dans un message adressé aux participants à la réunion de haut niveau marquant le 65ᵉ anniversaire de la première conférence du Mouvement des non-alignés, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé les États membres à resserrer leurs rangs face aux dérives qui fragilisent l’ordre international.

Le message présidentiel a été lu par la présidente de l’Assemblée populaire nationale, Khalida Boufedeche, lors de cette rencontre organisée sous le thème : « L’héritage historique du non-alignement : des enseignements pour le monde d’aujourd’hui ».

Pour le chef de l’État, cette commémoration traduit la volonté des pays membres de préserver l’esprit qui a présidé à la naissance du Mouvement et de renforcer leur action commune au sein des instances internationales.

Abdelmadjid Tebboune a estimé que les principes fondateurs du non-alignement retrouvent une résonance particulière dans une conjoncture mondiale marquée par l’intensification des conflits, le recul de la diplomatie et l’affaiblissement du système de sécurité collective.

Le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures demeure, selon lui, au cœur de toute approche susceptible de restaurer une coopération internationale plus juste. Le Président a dénoncé le retour du recours à la force comme substitut aux efforts de règlement pacifique des différends.

Il a également regretté l’incapacité persistante du système onusien à mettre fin aux politiques du fait accompli et aux violations du droit international. Dans ce contexte, a-t-il souligné, la légalité internationale ne peut être appliquée de manière sélective ni soumise à la logique du deux poids, deux mesures. « Le non-alignement n’est ni une position du passé ni un rêve diplomatique éphémère », a affirmé le président de la République.

Il représente, a-t-il ajouté, une option renouvelée pour des États désireux de défendre leur indépendance de décision, leurs intérêts communs et leur droit à participer pleinement à la construction d’un ordre mondial plus équilibré.

La question palestinienne a occupé une place centrale dans ce message. Abdelmadjid Tebboune a évoqué la poursuite de l’expansionnisme israélien dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie, ainsi que les graves atteintes au droit international et au droit humanitaire.

La catastrophe humanitaire en cours, a-t-il averti, engage la responsabilité historique de la communauté internationale et affecte profondément l’ensemble des États attachés aux principes du Mouvement des non-alignés.

Cette position s’inscrit dans une longue tradition diplomatique de l’Algérie. Avant même l’indépendance, la lutte de libération nationale avait trouvé un écho dans l’esprit de la conférence de Bandung, tenue en 1955, qui avait consacré le droit des peuples à l’autodétermination et rejeté l’alignement sur les blocs de l’Est ou de l’Ouest.

Le Gouvernement provisoire de la République algérienne avait ensuite pris part, en septembre 1961, à la conférence de Belgrade, acte fondateur du Mouvement des non-alignés. Douze ans plus tard, Alger devenait à son tour la capitale du non-alignement.

Du 5 au 9 septembre 1973, la conférence des pays non alignés avait réuni 75 États et organisations internationales. Sous l’impulsion du président Houari Boumédiène, cette rencontre avait donné une nouvelle profondeur économique au combat politique engagé à Bandung et à Belgrade.

L’appel en faveur d’un nouvel ordre économique mondial visait alors à affranchir les pays du tiers-monde des mécanismes de domination et des survivances du néocolonialisme. Dans son message, Abdelmadjid Tebboune a rappelé le rôle historique de l’Algérie, terre d’accueil des révolutionnaires et soutien constant des mouvements de libération en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Cette fidélité aux causes de l’émancipation, a-t-il laissé entendre, demeure indissociable de l’identité diplomatique du pays. C’est donc fort de ce passé et de cette lucidité que l’Algérie appelle les pays non alignés à ne pas se contenter de commémorer.

Il s’agit de bâtir, de renforcer l’intégration économique et de faire du Mouvement un bloc uni, maître de son destin. L’héritage de Bandung et de Belgrade n’attend pas d’être admiré dans un musée. Il exige d’être réinventé pour les batailles de demain.

Articles de meme catégorie

L'express quotidien du 10/09//2026

Derniers articles