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Le solaire algérien, clé du futur énergétique de l’Europe

Bruxelles fait du solaire algérien une priorité stratégique dans sa nouvelle vision énergétique, misant sur ce potentiel pour soutenir sa transition verte et sécuriser son approvisionnement futur.

« Avec une portion du seul territoire algérien, vous pouvez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe. » Cette déclaration d’un responsable européen, rapportée par le média français Les Échos, illustre l’intérêt croissant de Bruxelles pour les capacités solaires de l’Algérie, dans le cadre de nouvelles perspectives énergétiques dessinées autour de la Méditerranée.

À l’occasion de la Semaine européenne de l’énergie durable, la Commission européenne a dévoilé le 9 juin dernier l’initiative T-MED, destinée à renforcer la coopération avec les pays partenaires du sud de la Méditerranée dans les domaines des énergies renouvelables et des technologies propres.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l’exécutif européen indique que cette initiative pourrait permettre de mobiliser « jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements supplémentaires à l’horizon 2035 » dans les secteurs de l’énergie propre et des technologies associées. Bruxelles prévoit la mise en place d’une plateforme d’investissement soutenue par des garanties européennes à hauteur de 5 milliards d’euros, afin de faciliter le financement des projets et de réduire les risques supportés par les investisseurs.

Dans cette perspective, la Commission européenne met notamment en avant le potentiel de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui disposerait d’une capacité technique de production d’énergies renouvelables estimée à plus de 2 300 gigawatts (GW), soit plus du double des capacités actuellement installées dans l’Union européenne.

Les coûts de production de l’électricité renouvelable y seraient par ailleurs inférieurs de 30 à 40 % à ceux observés en Europe, selon le communiqué. L’initiative européenne prévoit également un accélérateur réglementaire visant à réduire les délais administratifs, la formation de 100 000 travailleurs, ainsi que la modernisation des infrastructures, des réseaux électriques intelligents et des corridors hydrogène, dont la transformation d’anciens gazoducs, à l’image du projet South H2 Corridor reliant l’Algérie à l’Europe.

Elle inclut enfin le développement d’un écosystème de technologies propres, avec au moins dix partenariats industriels euro-méditerranéens envisagés d’ici à 2030. Le média met en lumière la place particulière accordée à l’Algérie.

Au-delà de la référence à son immense potentiel solaire, le journal rapporte que les responsables européens souhaitent éviter les écueils des initiatives passées.

Revenant sur l’expérience Desertec, l’un des responsables cités estime ainsi que l’ancien projet était « trop privé », que les technologies n’étaient pas encore matures et que les pays ne percevaient pas clairement leurs gains.

La nouvelle approche européenne, qui met en avant le potentiel solaire algérien, fait écho à des appréciations déjà formulées par la Commission européenne lors de la sixième réunion du Dialogue énergétique UE-Algérie, tenue il y a quelques mois à Alger. Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre bilatérale, Bruxelles soulignait que l’Algérie disposait de « plusieurs avantages compétitifs », grâce à ses ressources naturelles et humaines ainsi qu’à ses infrastructures énergétiques.

La Commission estimait alors que le développement des énergies renouvelables et de l’hydrogène permettrait au pays de « consolider et renforcer sa position sur la scène énergétique mondiale », en tant qu’acteur régional clé dans l’approvisionnement futur en électricité renouvelable et en hydrogène.

Ce même texte rappelait également le rôle de l’Algérie en tant que fournisseur « fiable et durable » de gaz naturel pour l’Europe, et identifiait plusieurs axes de coopération, notamment l’hydrogène renouvelable, la réduction des émissions de méthane, l’efficacité énergétique et le développement des interconnexions électriques entre les deux rives de la Méditerranée.

Les récentes annonces autour de T-MED et les positions exprimées lors du dialogue énergétique UE-Algérie témoignent ainsi de l’attention croissante portée par Bruxelles au rôle que pourrait jouer l’Algérie dans l’évolution du paysage énergétique méditerranéen.

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L'express quotidien du 18/06//2026

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