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L’EN de football veut croire en ses chances

C’est à Mexico que bat le pouls inaugural de ce premier Mondial à 48 nations. La cérémonie d’ouverture débute ce jeudi soir à 20h00 locale, juste avant le match Mexique – Afrique du Sud. Côté scène, la FIFA a sorti le grand jeu : Shakira et Burna Boy interprètent l’hymne officiel « Dai Dai », épaulés par des stars latines comme Alejandro Fernández.

Pourtant, les strass peinent à masquer les tensions locales. Secouée par de récents mouvements sociaux, la capitale est sous haute surveillance. Si la présidente Claudia Sheinbaum a garanti la sécurité autour du stade, c’est surtout de l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, que le vernis de l’organisation a totalement craqué.

Le mur douanier américain : Officiels et journalistes indésirables

L’ambition d’une compétition fluide entre trois géants s’est fracassée contre la politique migratoire drastique de Washington. Premier scandale : le Somalien Omar Artan, considéré comme le meilleur arbitre africain actuel, a été refoulé à Miami. Devant ce camouflet, la FIFA a immédiatement capitulé, confirmant son exclusion du tournoi et refusant d’intervenir auprès des autorités américaines. Une passivité qui indigne le monde du football, alors qu’Artan a réagi avec classe, se disant concentré sur la suite de sa carrière.

La sélection irakienne a elle aussi vécu un calvaire. Son attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu et cuisiné durant sept heures à Chicago pour une simple homonymie. Plus grave pour la liberté de la presse, le photographe officiel de la délégation irakienne a été purement et simplement expulsé après dix heures de détention par la police des frontières.

L’indignation a franchi un cap avec le traitement infligé à l’Ouzbékistan. À son arrivée, la délégation a subi des fouilles d’une rigueur inhabituelle. Au cœur du malaise, le sélectionneur et légende italienne Fabio Cannavaro. Voir le Ballon d’or 2006 traité comme un suspect a sidéré l’Italie.

A sa sortie, l’ancien capitaine de la Squadra Azzurra a dénoncé un ciblage géopolitique évident : « Ils m’ont dit : « Ce sont les lois ». Mais à la fin, il s’est avéré que seule notre sélection a été fouillée de la sorte », a-t-il fustigé, pointant une inégalité de traitement flagrante entre les pays.

Un Mondial pour riches sous la menace de la canicule

Aux déboires administratifs s’ajoute la colère des supporters face à des tarifs prohibitifs. La FIFA a encore augmenté le prix des billets : comptez 700 dollars pour un simple match de poule, et jusqu’à 8 680 dollars pour la finale. Une hausse brutale de 2 000 dollars qui exclut d’office le public populaire.

Enfin, les acteurs du jeu vont devoir affronter un ennemi redoutable : le climat. Des rapports scientifiques alarmants prédisent que le seuil de dangerosité thermique (chaleur et humidité extrêmes) sera dépassé lors d’un quart des rencontres, exposant les joueurs à des coups de chaleur. Face au péril, la FIFA a dû imposer des pauses fraîcheur obligatoires à chaque mi-temps. Reste à savoir si cela suffira à sauver le spectacle sur le terrain, alors que les coulisses sont déjà bien sombres.

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L'express quotidien du 18/06//2026

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