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Hydrogène vert: L’Algérie, futur maillon fort de l’approvisionnement européen

Les nouveaux scénarios européens en matière de transition énergétique consacrent le corridor SoutH2 comme un axe stratégique d’approvisionnement du continent en hydrogène vert. Les récents rapports publiés par les gestionnaires européens des réseaux d’électricité et de gaz dévoilent des projections qui placent l’axe Algérie-Italie parmi les acteurs clés de la transition énergétique européenne à l’horizon 2050.

Publié le 11 juin dans le cadre de la préparation des futurs Plans décennaux de développement des réseaux européens (Ten-Year Network Development Plans – TYNDP 2026), le rapport, élaboré conjointement par ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity), l’association regroupant les gestionnaires des réseaux de transport d’électricité de 36 pays européens, et ENTSOG (European Network of Transmission System Operators for Gas), qui fédère les opérateurs des réseaux gaziers européens, servira de base à la planification des futures infrastructures énergétiques du continent à l’horizon 2050.

Reprenant ces nouvelles projections, le média italien spécialisé Energia Oltre souligne que les rapports publiés montrent que la production européenne ne sera pas en mesure de couvrir, à elle seule et dans des conditions compétitives, l’ensemble des besoins futurs en hydrogène renouvelable. L’Union européenne devra donc s’appuyer sur de grands corridors d’importation reliant les zones de production aux principaux centres industriels du continent. C’est précisément dans ce contexte que le corridor SoutH2 prend toute son importance.

Energia Oltre souligne que les nouveaux scénarios identifient ce corridor, à court et moyen termes, comme le principal axe d’approvisionnement en hydrogène de l’Italie en termes de volumes importés, ce qui place l’Algérie au cœur du futur dispositif énergétique européen.

« Les projections concernant les importations d’hydrogène par pipeline indiquent que le corridor Algérie-Tunisie-Italie constituera le principal moteur d’approvisionnement initial de l’Union européenne, avec une capacité estimée à 26,2 TWh dès 2030, qui devrait atteindre 84 TWh à l’horizon 2050.

Cet axe énergétique surpasse même, en termes de volumes initiaux, les corridors prévus entre le Maroc et l’Espagne ou entre l’Ukraine et la Slovaquie, positionnant ainsi l’Italie comme le hub énergétique naturel de la Méditerranée », écrit le média italien.

Selon les hypothèses retenues dans les scénarios rendus publics, les flux d’hydrogène acheminés vers l’Italie proviendraient à 60 % d’Algérie et à 40 % de Tunisie, via le corridor qui doit relier l’Algérie à l’Allemagne en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche afin d’alimenter les grands sites industriels européens.

Ce positionnement confère à l’Algérie un rôle de premier plan dans la future géographie énergétique européenne. Le pays ne serait ainsi plus seulement considéré comme un fournisseur de gaz naturel, mais également comme l’un des partenaires clés de l’Union européenne dans le développement du marché de l’hydrogène vert.

La capacité du corridor représenterait plus de 40 % de l’objectif européen d’importation d’hydrogène fixé dans le cadre du plan REPowerEU. Autrement dit, une part substantielle des importations d’hydrogène envisagées par Bruxelles pourrait transiter par cet axe méditerranéen.

Le projet présente en outre un avantage économique majeur puisque plus de 60 % de son tracé reposerait sur la reconversion de gazoducs existants, réduisant ainsi les coûts d’investissement et les délais de déploiement.

L’Italie se positionne désormais comme le « futur hub énergétique de l’Europe », selon le média italien, qui souligne également le rôle joué par les opérateurs italiens dans l’élaboration des scénarios européens.

Les experts de Terna, gestionnaire du réseau électrique italien, et de Snam, principal opérateur gazier du pays et partenaire du projet SoutH2, ont présidé plusieurs groupes de travail chargés d’élaborer les hypothèses relatives à l’évolution des réseaux d’électricité, de gaz et d’hydrogène.

En intégrant son partenariat avec l’Algérie aux scénarios officiels de planification énergétique de l’Europe, où elle apparaît comme l’un des principaux fournisseurs potentiels d’hydrogène renouvelable du continent, l’Italie entend « jouer un rôle de premier plan non seulement dans la phase d’analyse technique, mais aussi dans la définition de la géographie des futurs approvisionnements ».

« Fabrizio Vedovelli, de Terna, a coordonné le groupe de pilotage d’ENTSO-E, tandis que les experts de Snam, Daniele Ceccarelli et Filippo Favero, ont dirigé les sous-équipes chargées de la modélisation de l’offre et de la demande », précise Energia Oltre.

À rappeler que le corridor SoutH2 figure parmi les Projets d’intérêt commun (PIC), des infrastructures transfrontalières stratégiques définies par l’Union européenne dans le cadre du règlement RTE-E (Trans-European Networks for Energy – TEN-E). Cette législation européenne fixe les règles encadrant le développement des infrastructures énergétiques transfrontalières.

En février 2026, le projet a également été mis en avant parmi les « European Energy Highways », les infrastructures considérées comme prioritaires pour la sécurité énergétique et la décarbonation du continent.

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