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Téhéran et Washington proches d’un accord, les marchés se calment

À moins d’une intervention de l’entité sioniste susceptible de faire capoter un probable accord, Téhéran et Washington semblent plus que jamais proches d’un compromis susceptible de mettre fin à une guerre d’agression américano-sioniste qui a fait des centaines de martyrs et des milliers de blessés en Iran, en plus de la destruction d’importantes infrastructures, notamment énergétiques.

Après les affrontements de la semaine dernière, les deux pays paraissent désormais se rapprocher d’un accord global, selon les dernières déclarations de responsables des deux parties.

Toutefois, les contours précis de ce compromis restent encore à définir et à valider. Hier, Téhéran a démenti certaines informations faisant état d’une signature imminente d’un accord avec les États-Unis visant à mettre un terme durablement à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué l’agence de presse Irna. « Nous devons attendre pour connaître la date exacte de la signature.

Ce ne sera pas demain », a déclaré à Irna le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, évoquant plutôt une échéance dans « les prochains jours ». « Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé. Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J’ai bon espoir », a-t-il ajouté.

Selon lui, le compromis prévoit notamment la levée du blocus américain des ports iraniens ainsi qu’un nouveau mode de gestion du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. À Washington, un haut responsable américain, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a estimé à « 80 à 85 % » la probabilité d’un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, tout en soulignant que « la ligne d’arrivée n’a pas encore été franchie ».

À Téhéran, le quotidien Etemad salue la perspective de « sortir de l’impasse géopolitique et économique chronique », tandis que le journal conservateur Kayhan estime que le pays doit conserver le contrôle du détroit d’Ormuz, considéré comme « la plus grande faiblesse de l’ennemi ». Aux États-Unis, Donald Trump est sous pression pour sortir politiquement indemne d’un conflit devenu impopulaire, à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre.

Vendredi, il s’est emporté contre les Iraniens, les accusant d’avoir fait fuiter des informations sur l’accord qui « n’ont RIEN à voir avec les termes (…) convenus par écrit ». L’agence de presse iranienne Mehr avait auparavant publié ce qu’elle présentait comme une ébauche de protocole en 14 points répondant à plusieurs exigences iraniennes, notamment le droit à l’enrichissement de l’uranium ainsi que le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger.

Selon le responsable américain, le compromis devrait conduire à la réouverture du détroit d’Ormuz, au démantèlement du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l’uranium hautement enrichi, lequel serait ensuite « détruit » puis « évacué » du territoire iranien.

De son côté, Téhéran préconise une dilution sur son territoire des stocks d’uranium enrichi à 60 %. Leur abaissement à un taux inférieur à 5 %, loin des 90 % requis pour fabriquer une arme nucléaire, réduirait considérablement les craintes liées à une éventuelle militarisation du programme nucléaire iranien.

Les autorités iraniennes continuent de démentir toute volonté d’acquérir l’arme atomique, contrairement aux accusations formulées par Washington et l’entité sioniste. Concernant les avoirs iraniens gelés, le vice-président américain JD Vance a insisté sur le réseau X : « Les Iraniens ne recevront pas d’argent et les fonds ne seront pas débloqués simplement par une signature d’accord. » Cette question demeure cruciale pour l’Iran, dont l’économie reste fortement affectée par plusieurs décennies de sanctions occidentales.

Par ailleurs, le dossier libanais, autre volet majeur des discussions, serait également inclus dans les négociations en cours, selon le haut responsable américain, alors que Téhéran réclamait son intégration dans le futur accord. Washington avait auparavant indiqué vouloir dissocier cette question du reste des pourparlers.

Les attaques de l’armée sioniste contre le Liban ont fait, selon un bilan officiel, plus de 3 700 martyrs. À Islamabad, les autorités pakistanaises confirment également le rapprochement entre les positions américaine et iranienne. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le gouvernement joue un rôle de médiateur entre les deux parties, avait déclaré samedi qu’un accord de paix pourrait être finalisé dans les 24 heures. « Nous sommes plus proches que jamais d’un accord de paix.

Sa finalisation est probablement attendue dans les prochaines 24 heures et le Pakistan se prépare à la signature électronique de l’accord immédiatement après », a affirmé Shehbaz Sharif sur X. Des « discussions techniques » devraient suivre « la semaine prochaine », a-t-il précisé.

Les versions d’un éventuel accord présentées par les médias iraniens et les responsables américains divergent toutefois sur plusieurs points, après des semaines de négociations difficiles. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait d’ailleurs rappelé que « tant qu’un accord complet n’aura pas été conclu, on ne pourra affirmer avec certitude qu’un terrain d’entente a été trouvé ».

En marge des négociations, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé, dans la nuit, avoir abattu « plusieurs drones d’attaque » lancés par l’Iran et destinés à frapper des navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. Malgré ces incidents, le Centcom a indiqué que « le trafic maritime dans le détroit reste fluide ».

Sur les marchés financiers, l’apaisement des tensions a été accueilli favorablement par les investisseurs. Les places boursières ont terminé la semaine dans le vert, le Dow Jones progressant de 0,70 % à 51 202,26 points.

Le marché pétrolier a également réagi aux perspectives d’un accord américano-iranien. Le Brent a clôturé à 87,33 dollars le baril, en baisse de 3,05 dollars (-3,37 %), tandis que le WTI, référence américaine, a terminé à 84,88 dollars, reculant de 2,83 dollars (-3,23 %) par rapport à la séance de jeudi.

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L'express quotidien du 18/06//2026

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