Le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, l’ambassadeur Amar Bendjama, a appelé le Conseil de sécurité à « réagir avec fermeté » et de « manière décisive » à la suite de l’attaque aérienne sanglante menée lundi par l’entité sioniste contre les locaux diplomatiques de l’Iran en Syrie.
«Nos plus sincères condoléances vont au peuple et au gouvernement iraniens suite à la tragique frappe aérienne contre leurs locaux diplomatiques à Damas », a dit M. Bendjama lors d’une réunion à New York du Conseil de sécurité onusien à la suite de l’attaque sioniste contre les locaux diplomatiques de l’Iran en Syrie ayant fait 13 morts dont sept militaires iraniens.
«Cette attaque constitue une violation flagrante du droit international, qui garantit l’inviolabilité des locaux diplomatiques et consulaires comme indiqué dans la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et la Convention de Vienne sur les relations consulaires », a poursuivi l’Ambassadeur, soulignant : «Une violation aussi grave des obligations internationales de la part de la puissance occupante israélienne ne peut être ni justifiée ni tolérée. Nous devons élever la voix contre les dangereuses implications de cette provocation qui pourrait conduire à une escalade des tensions dans la région, voire dans le monde ».
«Le Conseil de sécurité de l’ONU doit réagir avec fermeté et de manière décisive à cette remise en question des principes fondamentaux de la souveraineté de l’Etat », a plaidé le diplomate.
Pour M. Bendjama, le timing de cette attaque, survenue dans la foulée des pressions internationales pour un cessez‐le‐feu à Ghaza, réclamé par la résolution 2728 du Conseil de sécurité des Nations unies, « constitue un mépris délibéré pour les appels à la cessation des hostilités venant de l’ensemble de la communauté internationale ».
Le but d’un tel acte est évident : répondre aux pressions internationales en intensifiant le conflit, qui prolonge le massacre des Palestiniens pour des calculs de politique interne », a‐t‐il enchaîné. L’Ambassadeur a ajouté que cet acte dangereux, de nature à entraîner toute la région dans un conflit, est évident et reflète la croyance en l’impunité de la puissance occupante israélienne, qui se considère au‐dessus du droit international.
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mardi soir, en session publique, à la demande de la Russie pour discuter de ces frappes contre la section consulaire de l’ambassade iranienne à Damas, a déclaré le premier représentant permanent adjoint de la Russie auprès des Nations Unies, Dmitri Polyansky. Selon l’agence de presse Sputnik,
Polyansky a indiqué qu’ «après la frappe aérienne des forces sionistes contre le consulat iranien à Damas lundi soir, les Iraniens se sont tournés vers le Conseil de sécurité de l’ONU pour condamner cet acte. » Il a ajouté : « Suite à leur lettre de protestation au Conseil, nous avons demandé de tenir une session publique au Conseil de sécurité des Nations unies ».
Ces frappes ont été condamnées par plusieurs pays. La télévision d’Etat iranienne a indiqué que les six missiles tirés par les sionistes ont fait treize morts, six Syriens et sept Iraniens. Le secrétaire général Antonio Guterres et le ministre iranien des Affaires étrangères, Amir Abdollahian, ont évoqué la situation autour de la frappe israélienne contre le consulat iranienà Damas, a annoncé le porte‐parole du Secrétaire général desNations unies Stéphane Dujarric.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a appelé le secrétaire général. Comme vous le savez, le secrétaire général a tendance à dire publiquement que nous allons garder le contact avec toutes les parties. Nous sommes très inquiets par la possibilité d’une nouvelle escalade allant au‐delà des escalades que nous avons déjà », a‐t‐il souligné.
L’agence syrienne Sana a rapporté plus tôt que l’aviation israélienne avait lancé une frappe contre un bâtiment à Damas. Plus tard on a appris que la frappe avait été portée contre le consulat de l’Iran. La frappe a tué sept conseillers militaires dont Mohammad Reza Zahedi, général de brigade du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI, forces d’élite iraniennes), ainsi que son adjoint, le général Mohammad Hadi Haji Rahimi, et cinq autres conseillers militaires du CGRI.
Le président iranien Ebrahim Raïssi a promis de ne pas laisser la frappe sans réponse. La Russie a résolument condamné l’attaque d’Israël et a demandé de convoquer la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur ce sujet.

