Les Houthis ont tiré hier des missiles sur l’entité sioniste pour la première fois. Pendant ce temps, l’Iran maintient sa posture et les pays de la région se réunissent au Pakistan pour tenter de réduire les tensions.
Le conflit au Moyen-Orient, déclenché il y a un mois par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, connaît une nouvelle escalade. Le mouvement yéménite Ansar Allah (Houthis) a annoncé hier avoir lancé pour la première fois des missiles balistiques visant des « cibles sensibles » à l’intérieur des territoires occupés.
Selon un communiqué du mouvement, cette action s’inscrit « dans la poursuite de la riposte à l’escalade militaire », en réponse notamment aux attaques visant des infrastructures et des populations au Liban, en Iran, en Irak et en Palestine.
Il s’agit du premier tir de missiles revendiqué par les Houthis sur l’entité sioniste depuis le début de la crise actuelle impliquant les États-Unis et Tel-Aviv. Plusieurs médias indiquent que cette opération pourrait compliquer davantage la sécurité maritime et commerciale dans la région, notamment dans la mer Rouge et le Golfe d’Aden, zones où les Houthis ont déjà mené des frappes contre des navires commerciaux.
Parallèlement, les Émirats arabes unis (EAU) ont affirmé à leurs alliés, dont les États-Unis, leur volonté de participer à une force maritime multinationale. Objectif affiché : assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz et protéger l’économie mondiale. Selon le Financial Times, l’initiative ne vise pas une guerre ouverte contre l’Iran, mais à contrer ce que les Émirats qualifient de « guerre de l’Iran contre l’économie mondiale ».
Téhéran, de son côté, a réagi en publiant une liste de cibles potentielles aux EAU, notamment des centrales électriques et des usines de dessalement, signalant sa capacité de riposte symétrique face à toute agression.
Les EAU cherchent également à créer une « Hormuz Security Force » pour escorter les navires dans le détroit, mais il ne s’agit pas d’une volonté de guerre, simplement de contrôler un passage stratégique où transite 20 % du pétrole mondial.
Les tensions s’aggravent ailleurs. Des médias iraniens rapportent que des frappes américano-israéliennes ont touché le réacteur à eau lourde de Khondab (ex-Arak), sans faire de victimes ni provoquer de fuite radioactive. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a promis d’étendre ces bombardements, malgré les alertes internes sur les risques pour son armée.
Le porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, a averti que les hôtels accueillant des militaires américains seraient des cibles légitimes. Le vice-président iranien, Esmael Saghab Esfahani, a mis en garde : « Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole ».
Le corps des Gardiens de la Révolution a confirmé que toute expédition militaire en provenance ou à destination de ports alliés aux États-Unis ou en Palestine occupée serait interdite. Depuis le début du conflit, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, perturbant l’acheminement mondial du pétrole et provoquant une flambée des prix, contraignant les gouvernements à des mesures d’urgence, de Tokyo à Paris.
Le port omanais de Salalah a dû suspendre ses opérations samedi après une attaque de drones, et l’aéroport international de Koweït a également été frappé. Le conflit a déjà des conséquences lourdes.
En Iran, le bombardement de l’école de Minab a fait plus de 175 morts, dont de nombreux enfants. Au total, près de 1 900 personnes ont été tuées et 20 000 blessées. Plus de 120 sites culturels et historiques ont été endommagés.
Les forces américaines comptent plus de 300 blessés et 13 morts depuis le début des hostilités. Au Liban, le Hezbollah, allié de Téhéran, tire depuis le 2 mars sur l’entité sioniste. Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe israélienne dans le sud du pays. Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé un « crime flagrant ».
Selon le dernier bilan officiel, le conflit a causé 1 142 morts et plus d’un million de déplacés au Liban. Face à cette escalade, les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis près de Paris, ont appelé « à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles » en Iran.
Ils ont également souligné la nécessité de « rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ». Le Pakistan, en lien avec Téhéran et Washington, pourrait jouer un rôle de médiateur.
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de la Turquie se réuniront les 29 et 30 mars à Islamabad pour discuter de la situation et tenter de réduire les tensions.
Selon les autorités pakistanaises, ces rencontres pourraient inclure le Premier ministre Shehbaz Sharif. Téhéran a officiellement transmis, via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, refusant toute concession sur son initiative militaire et diplomatique.
L’émissaire américain Steve Witkoff a néanmoins déclaré espérer des réunions cette semaine pour tenter de mettre fin au conflit.

