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L’Algérie fait ses adieux à Liamine Zéroual

L’ancien président de la République et moudjahid, Liamine Zeroual, a été inhumé hier après la prière du Dohr au cimetière central de Bouzourane, dans sa ville natale. La cérémonie funéraire officielle a été présidée par le président Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, en présence de hauts responsables de l’État, de membres du gouvernement, de figures nationales, de moudjahidine ainsi que d’une foule nombreuse de citoyens.

Dès l’aube, le siège de la wilaya de Batna a vu affluer un grand nombre de personnes venues des quatre coins du pays. Hommes, femmes et anciens combattants se sont relayés pour rendre un dernier hommage au défunt et honorer sa mémoire devant sa dépouille. Le cortège funèbre, solennel et digne, a ensuite traversé les rues de Batna jusqu’au cimetière, sous le regard silencieux et attristé d’une foule nombreuse bordant le parcours.

Dans la ville, l’émotion était profonde et sincère. Beaucoup décrivaient le défunt comme un homme discret, humble, resté fidèle à ses origines malgré les responsabilités les plus élevées. « Il n’a jamais oublié ses racines », confiaient plusieurs habitants, la voix chargée d’affection. Les hommages qui lui sont rendus ont largement dépassé les frontières.

À travers le monde, la diaspora a pris le relais, utilisant les réseaux sociaux et organisant des rassemblements spontanés pour exprimer sa peine, mais aussi sa profonde gratitude envers une figure qui a marqué à jamais un chapitre décisif de l’histoire récente du pays. Né le 3 juillet 1941 à Batna, Liamine Zeroual a rejoint très jeune, en 1957, les rangs de l’Armée de libération nationale.

Il a participé activement à la Révolution du 1er Novembre avant de poursuivre, après l’indépendance, une brillante carrière au sein de l’Armée nationale populaire. Formé au plus haut niveau, il a dirigé successivement l’École militaire de Batna (1974-1975), l’Académie militaire de Cherchell (1981-1982), commandé les 6e, 3e et 5e Régions militaires, puis est devenu commandant des forces terrestres en 1989.

Appelé à la tête de l’État en 1994 en pleine crise, il a été élu président de la République en 1995. Parmi les décisions les plus remarquées de son mandat figure l’organisation d’une élection présidentielle anticipée en 1999, à laquelle il choisit de ne pas se présenter, marquant ainsi son attachement à une certaine idée de l’alternance et de la responsabilité.

Après avoir quitté le pouvoir, Liamine Zeroual a choisi de revenir à une vie simple dans sa ville natale, loin des feux de la rampe, incarnant jusqu’au bout une modestie et une authenticité rares dans l’exercice du pouvoir.

Sa disparition, survenue samedi dernier, prive le pays d’un acteur majeur de son histoire moderne, d’un moudjahid qui a consacré sa vie au service de la patrie, d’abord les armes à la main, puis dans les plus hautes responsabilités de l’État. Les hommages unanimes rendus ce lundi à Batna en témoignent avec force.

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L'express quotidien du 31/03//2026

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