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La flambée du pétrole ébranle plusieurs pays

Le pétrole affiche des valeurs supérieures à 100 dollars le baril pour la quatrième semaine consécutive, le Brent enregistrant une hausse d’environ 58 % ce mois-ci, soit la plus forte progression mensuelle depuis 1988, tandis que le pétrole brut américain (WTI) a grimpé de 51 %, marquant sa plus forte augmentation mensuelle depuis mai 2020.

Les gains observés sont stimulés par la paralysie du détroit d’Ormuz, conséquence de la guerre imposée à l’Iran, une voie de passage cruciale pour un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Hier, le Brent s’échangeait aux alentours de 115 dollars le baril, après avoir clôturé en hausse de 4,2 % vendredi, dernier jour de cotation de la semaine.

La référence pétrolière se dirigeait vers une augmentation mensuelle record, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a gagné 1,49 dollar, soit 1,5 %, s’affichant à plus de 101 dollars le baril, après une progression de 5,5 % lors de la séance précédente.

Les prix de l’or noir progressent également suite aux nouvelles menaces du président américain Donald Trump, qui a adressé hier un avertissement à l’Iran, lui demandant d’ouvrir le détroit d’Ormuz sous peine de voir ses puits de pétrole et ses centrales électriques attaqués.

Le Pentagone envisagerait d’envoyer jusqu’à 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, selon le Wall Street Journal, en plus des déploiements déjà en cours, qui comprennent la 82e division aéroportée et des unités expéditionnaires de Marines.

Face à ces nouvelles menaces, l’Iran a déclaré être prêt à répondre à une attaque terrestre américaine, accusant Washington de préparer une offensive terrestre alors même qu’il cherchait à entamer des négociations.

Le 27 mars, une frappe iranienne de missiles et de drones contre la base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite a endommagé plusieurs avions ravitailleurs américains.

Les prix des carburants s’envolent 

La flambée des prix du pétrole, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, s’est traduite par des hausses importantes des prix des carburants dans le monde entier, des États-Unis à l’Europe et à l’Asie. Les prix à la pompe de l’essence et du diesel ont jusqu’à présent bondi de 5 % à 80 % dans divers pays.

De nombreux gouvernements s’efforcent de limiter les répercussions de la crise par des mesures d’urgence, notamment la baisse des taxes sur les ventes intérieures et l’ajustement des droits de douane sur les exportations.

L’Inde, troisième importateur mondial de pétrole brut, qui dépend du Moyen-Orient pour environ la moitié de son approvisionnement, a pris des mesures la semaine dernière pour protéger son approvisionnement en carburant et ses consommateurs, en réduisant les taxes intérieures sur l’essence et le diesel et en imposant une taxe sur les exportations de carburant.

Aux Philippines, une économie majeure d’Asie du Sud-Est, le choc pétrolier a conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence national, les pénuries de pétrole brut et la flambée des prix à la pompe assombrissant les perspectives de croissance économique. Le pays enregistre une hausse record de 80 % des prix des carburants.

Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence a bondi de 1 dollar le gallon en un mois, dans un contexte de guerre en Iran et de demande accrue pendant la haute saison des vacances de printemps.

En Europe, les ministres de l’Énergie de l’UE tiendront aujourd’hui des discussions pour coordonner une action face aux perturbations des marchés du pétrole et du gaz déclenchées par la guerre en Iran, selon un document d’information interne de l’UE relayé par Reuters.

Le document indique que les ministres devraient concentrer leurs efforts sur le remplissage des réserves de gaz pour l’hiver prochain, la stabilisation des marchés des produits pétroliers et la garantie des approvisionnements.

Fortement dépendante pour son approvisionnement énergétique, l’Europe subit de plein fouet la flambée des prix. Les cours du gaz ont bondi de plus de 70 % depuis le début de la guerre contre l’Iran le 28 février, au sein de l’UE, qui s’inquiète également du resserrement des approvisionnements mondiaux de certains produits, notamment le diesel et le kérosène.

Le PDG de Shell, Wael Sawan, a averti la semaine dernière que le continent pourrait être confronté à des pénuries d’énergie dès avril, le kérosène, le diesel et l’essence figurant parmi les premiers produits touchés.

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