L’annonce du scrutin législatif prévu le 2 juillet, formalisée par le décret présidentiel n° 26-145, s’inscrit dans un contexte de refonte institutionnelle majeure, où la recomposition administrative du pays transforme la donne politique et électorale.
L’Algérie compte désormais 69 wilayas et 1 541 communes, un changement qui redessine les contours de la représentation citoyenne, y compris celle de la diaspora.
Le projet de loi présenté par le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, illustre cette volonté de rationalisation. Le nombre de circonscriptions électorales passe de 58 à 69, plus une circonscription dédiée aux Algériens établis à l’étranger.
Le calcul des sièges repose désormais sur un critère démographique : un député pour 120 000 habitants, un minimum de deux sièges pour les petites wilayas et une représentation accrue de la diaspora, qui passe de huit à douze sièges.
Au Conseil de la nation, le critère démographique introduit une nuance jusqu’alors absente : les wilayas de moins de 250 000 habitants disposent d’un siège, celles de plus grande population de deux. Cette réforme traduit une logique double.
D’une part, elle vise à aligner la représentation sur la réalité démographique, répondant à un « impératif de justice et d’équité politique ». D’autre part, elle souligne la priorité accordée à la continuité de la gestion administrative et budgétaire : les wilayas mères conservent temporairement la gestion des budgets et des services, assurant une transition sans rupture pour les nouvelles entités locales.
Ces élections constituent également un test pour mesurer l’impact concret de la réforme. Elles permettront de vérifier si la nouvelle répartition des circonscriptions et des sièges reflète effectivement la population et assure une représentation équilibrée, y compris pour la diaspora.
Plus que le résultat des partis, c’est la manière dont le système intègre les citoyens et leur voix qui sera révélatrice pour l’avenir institutionnel du pays. La révision des listes électorales, ouverte du 12 au 26 avril, complète cette dynamique.
Tous les citoyens, en Algérie ou à l’étranger, sont invités à s’inscrire ou à mettre à jour leur situation, soulignant que la participation électorale commence bien avant le jour du scrutin.
En définitive, ces mesures reflètent une Algérie qui, en ajustant son organisation territoriale et sa représentation parlementaire, cherche à rapprocher le citoyen des institutions et à intégrer la diversité démographique dans l’équilibre du pouvoir.
Ce processus minutieux et rigoureux pose les jalons d’une démocratie plus représentative et d’une gouvernance de proximité qui, si elle est menée avec cohérence, pourra transformer la pratique électorale et renforcer la confiance dans le Parlement.

