À quelques semaines des élections législatives du 2 juillet prochain, la participation des jeunes à la vie politique occupe désormais une place centrale dans la démarche engagée par les pouvoirs publics pour accompagner le renouvellement des institutions.
Depuis plusieurs mois, les autorités multiplient les mesures destinées à encourager l’implication de cette catégorie dans les affaires publiques, avec l’objectif affiché de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de responsables politiques.
Cette orientation, portée au plus haut niveau de l’État par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est traduite par une série de réformes visant à faciliter l’accès des jeunes à la compétition électorale et à réduire certains obstacles qui freinent encore leur engagement.
Parmi les principales dispositions figure la loi organique n°26-05 du 4 avril dernier. Le texte impose aux partis politiques et aux listes électorales de présenter au moins 50 % de candidats âgés de moins de 40 ans lors des prochaines législatives.
Cette mesure ne prévoit pas un quota de sièges réservés aux jeunes à l’Assemblée populaire nationale, mais elle oblige les formations politiques à leur accorder une place importante dans la bataille électorale.
À travers cette réforme, les jeunes ne sont plus considérés uniquement comme un électorat à convaincre lors des scrutins. Ils sont désormais placés au centre du processus de renouvellement politique, avec la volonté de les associer davantage à la gestion des affaires publiques et à la vie institutionnelle.
Dans le même esprit, plusieurs initiatives de mobilisation citoyenne ont été lancées ces derniers mois. C’est notamment le cas de l’opération « Haya Chabab », initiée par le Conseil supérieur de la jeunesse.
Cette campagne vise à encourager les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales, à participer au vote et à s’intéresser davantage aux enjeux politiques nationaux. L’objectif est aussi de transformer cette participation civique en engagement durable dans la vie publique.
Mais au-delà de la question de la représentation, les autorités ont également tenté de répondre à un autre problème souvent soulevé par les jeunes candidats : celui du financement des campagnes électorales.
Le décret exécutif n°26-173 du 10 mai dernier introduit ainsi un mécanisme d’aide publique destiné aux jeunes candidats indépendants. Le texte prévoit une prise en charge des dépenses de campagne pouvant atteindre 300 000 dinars, soit 30 millions de centimes.
Cette aide concerne les candidats indépendants âgés de moins de 40 ans révolus au jour du scrutin. Pour beaucoup de jeunes souhaitant entrer en politique en dehors des appareils partisans traditionnels, le coût d’une campagne constitue un obstacle majeur.
À travers ce dispositif, l’État cherche à rendre la compétition électorale plus accessible. Le décret fixe également les modalités administratives pour bénéficier de cette prise en charge. Le dossier doit comprendre une demande d’aide, un programme électoral, des factures pro forma, une copie de la pièce d’identité ainsi qu’un relevé bancaire.
Le texte précise que le dossier est déposé par le trésorier de campagne auprès du coordinateur de l’Autorité nationale indépendante des élections contre récépissé, après vérification de sa conformité. Les services compétents procèdent ensuite à l’exécution des dépenses conformément à la législation en vigueur.
À travers cet ensemble de mesures, les pouvoirs publics cherchent à installer progressivement une nouvelle dynamique politique, où les jeunes seraient davantage présents dans les institutions et dans les grandes échéances nationales.
Une orientation qui traduit également la volonté de rapprocher une partie de la jeunesse des espaces de décision et de renforcer sa participation à la vie démocratique du pays.

