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El Hadjar, la renaissance

Le temps est-il venu pour le complexe sidérurgique d’El Hadjar de renaître de ses cendres ? Le fleuron de l’industrie lourde algérienne, un complexe sidérurgique unique en Afrique, qui a donné de bons et loyaux services au développement du pays, ne peut pas mourir d’une belle mort.

Le temps de sa mise à la casse n’est pas encore venu et, avec ses capacités installées, il doit prochainement reprendre du service pour faire repartir la machine industrielle nationale. C’est précisément ce que veulent et entendent réaliser les cadres du secteur de la sidérurgie, et plus particulièrement ceux du complexe d’El Hadjar, même si certains de ses équipements de production sont devenus obsolètes, car arrivés en fin de vie et ne répondant plus aux normes actuelles de production.

La visite, en fin de semaine, du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, au complexe d’El Hadjar a été de celles qui peuvent donner une seconde vie aux grandes installations industrielles.

Et, pour le moins, le représentant du gouvernement a prononcé les paroles attendues par les milliers de travailleurs du complexe, les responsables du secteur et même les économistes : El Hadjar ne sera pas enterré et ne connaîtra pas une fin prématurée, après les différentes opérations de restructuration et les accords de joint-venture conclus avec des leaders mondiaux de l’acier, dont Mittal.

La phrase forte a donc été prononcée par le ministre Yahia Bachir, qui a annoncé que « la relance et la modernisation du complexe sidérurgique d’El Hadjar représentent une priorité stratégique en tant que fondement essentiel pour le développement de l’industrie lourde » algérienne. De quoi relancer l’espoir de voir l’un des plus importants secteurs de l’économie nationale renaître de ses cendres.

Car, au fond, El Hadjar dispose d’une « base industrielle considérable et de potentialités importantes », a expliqué le ministre. Un état des lieux positif et encourageant qui, selon le premier responsable du secteur industriel national, nécessite le lancement d’un « programme urgent de modernisation et de remplacement de certains équipements pour répondre aux critères mondiaux en termes de productivité, d’efficience et de compétitivité ».

Pour y parvenir, il faudra s’attaquer à quelques fondamentaux : moderniser les moyens de production grâce aux technologies les plus récentes, intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la réduction directe du fer jusqu’aux produits finis, développer des partenariats industriels internationaux fondés sur le principe du « gagnant-gagnant », créer davantage de valeur ajoutée et de nouveaux emplois afin de renforcer la souveraineté industrielle de l’Algérie.

À partir de là, on peut espérer qu’après une période d’absence, le secteur industriel sera relancé et, surtout, qu’il connaîtra de profondes transformations afin de retrouver sa véritable place dans l’économie nationale : celle de locomotive du développement.

Les projets miniers et industriels structurants réalisés récemment, notamment la mine de Gara Djebilet et les nouveaux produits sidérurgiques, dont le laminé à froid produit à Oran, confirment cette nouvelle tendance à la renaissance de l’industrie lourde algérienne.

Les annonces du ministre de l’Industrie sont de celles qui appellent à des changements structurels pour mettre en place une industrie lourde performante, capable de répondre d’abord à la demande nationale, puis aux exigences des marchés économiques mondiaux actuels et à venir.

Cette nouvelle politique industrielle à laquelle aspire l’Algérie consiste, en réalité, à remettre à plat l’existant et à repartir sur de nouvelles bases, en prenant en compte, d’une part, les capacités intrinsèques du pays en matière d’infrastructures, de financements, de potentiel minier et de formation d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et, d’autre part, la mise en place d’un environnement favorable aux start-up.

Celles-ci pourraient constituer la courroie de transmission entre le hard industriel et le soft power de la relance technologique et financière du secteur. Les entreprises issues de la Tech et les universités seraient ainsi appelées à jouer le rôle de cerveau et de tour de contrôle du nouveau modèle industriel auquel aspirent les pouvoirs publics.

Cette renaissance du complexe d’El Hadjar et du secteur industriel en général ne naîtra pas du néant. Le tissu industriel existe déjà et il s’agit, dans un premier temps, avant les grandes manœuvres visant à faire émerger un secteur productif et performant, de remettre en activité les usines et les entreprises à l’arrêt faute de financements ou d’aides publiques, de stimuler un solide partenariat public-privé et d’associer les start-up à ce mouvement global.

En fin de parcours, deux éléments fondamentaux devront être réunis : les financements et la technicité. À ces conditions, le complexe d’El Hadjar est capable de renaître, tel le phénix.

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L'express quotidien du 06/10//2026

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