28.3 C
Alger

Les candidats dans l’arène

La campagne électorale pour le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale s’est ouverte hier dans un climat différent de celui des précédentes échéances. Elle durera vingt et un jours et s’achèvera, conformément à la loi, trois jours avant le scrutin fixé au 2 juillet.

Durant cette période, près de 7 000 candidats tenteront de convaincre les 24,7 millions d’électeurs inscrits, dont 854 285 à l’étranger, de leur confier l’un des 422 sièges en jeu. La révision exceptionnelle des listes électorales a permis l’inscription de près de 292 000 nouveaux électeurs, signe d’un renouvellement du corps électoral susceptible d’influencer les équilibres du scrutin.

À la rencontre des électeurs, les candidats multiplient les outils de communication. Meetings populaires, réunions de proximité, points de presse et déplacements sur le terrain se conjuguent désormais avec les médias audiovisuels et les plateformes numériques.

Cette fois-ci, la présence des jeunes est plus marquée qu’il y a cinq ans. On observe davantage de nouveaux visages et moins d’élus disposant déjà d’une expérience parlementaire.

Nombre d’entre eux misent sur des campagnes numériques particulièrement élaborées, recourant même à des contenus créés à l’aide de l’intelligence artificielle, signe d’une évolution des pratiques de communication et de promotion politiques. Le lancement de la campagne intervient après une période de vives tensions entre les formations politiques et l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

L’application des articles 1 et 200 de la nouvelle loi électorale a conduit au rejet de centaines de candidatures, suscitant de vives réactions de la part des partis politiques et des listes indépendantes concernés.

Plusieurs formations politiques, y compris parmi celles de la majorité parlementaire, jugent ces dispositions, notamment celles contenues dans l’article 200, trop vagues. Elles estiment également que leur mise en œuvre a manqué de transparence, faute d’explications détaillées fournies par l’Autorité.

L’ANIE, pour sa part, invoque la nécessité de « moraliser la vie politique », de lutter contre « l’argent sale » et de préserver l’intégrité du scrutin. Sur le plan institutionnel, la campagne se déroule sous la supervision renforcée de l’ANIE, tandis que la gestion logistique est assurée par les services administratifs et le ministère de l’Intérieur, conformément aux récentes réformes.

Une charte d’éthique a par ailleurs été signée par les partis politiques et les listes indépendantes en lice, à l’exception du RCD. Cette charte interdit notamment les discours de haine, les campagnes de diffamation ainsi que l’utilisation des institutions publiques et des équipements collectifs à des fins de propagande électorale. Elle appelle également à un usage responsable des médias traditionnels et des plateformes numériques.

Pour veiller au bon déroulement de ce marathon électoral, les médias nationaux sont également mis à contribution. Un tirage au sort, organisé samedi dernier au Centre international de conférences d’Alger, a permis de répartir le temps d’antenne entre les différents candidats, garantissant ainsi une couverture fondée sur les principes du pluralisme et de l’équité. Parallèlement à cette effervescence sur le terrain, l’hémicycle observe une pause forcée.

L’Assemblée populaire nationale est officiellement entrée dans une phase qualifiée de « chômage technique ». Une mesure que le bureau de l’Assemblée présente comme strictement organisationnelle. Face aux critiques, notamment celles du député Abdelwahab Yaqoubi, qui y voit un gel anticonstitutionnel de l’activité législative, l’institution a tenu à préciser qu’il ne s’agit nullement d’une paralysie du travail parlementaire.

La fin imminente de la législature, prévue pour le 8 juillet, rend en effet difficile l’aboutissement de nouvelles initiatives législatives. En outre, cette mise en veille vise à garantir une stricte neutralité institutionnelle et à empêcher toute utilisation des ressources de l’État à des fins électorales. Tout semble désormais réuni pour assurer le bon déroulement de la campagne.

Le succès du scrutin dépendra toutefois de la capacité des candidats et des institutions à conduire cette échéance dans le respect des règles, de la transparence et des principes éthiques auxquels aspirent de nombreux citoyens.

Au cours des vingt et un prochains jours, la scène politique sera rythmée par une intense activité. Débats d’idées, promesses de réformes, projets économiques et propositions sociales se succéderont au fil de la campagne.

Les électeurs, plus attentifs et plus exigeants que jamais, scrutent la crédibilité des programmes et la cohérence des projets qui leur seront présentés. La parole est désormais aux électeurs.

Il leur appartiendra de trancher, par leur vote, lors d’un scrutin qui s’annonce comme un test important pour la consolidation des institutions et pour la configuration de la future Assemblée populaire nationale.

Articles de meme catégorie

L'express quotidien du 18/06//2026

Derniers articles