L’Algérie réaffirme son attachement à l’État de droit, en plaçant la Constitution au cœur de son édifice institutionnel et en consolidant les mécanismes de protection des droits et des libertés.
Dans une allocution adressée aux participants à la 3e Conférence internationale de la Cour constitutionnelle, et lue en son nom par la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé l’attachement du pays à l’État de droit, rappelant l’engagement pris devant le peuple algérien de bâtir un État de droit fondé sur la primauté absolue de la Constitution et de ses dispositions, faisant de la protection des droits et des libertés une doctrine profondément ancrée dans l’action de l’ensemble des institutions.
Cette orientation vise à inscrire durablement la protection des droits fondamentaux dans le fonctionnement quotidien de l’État. Insistant sur le rôle central de la justice constitutionnelle, il a mis en avant les réformes engagées pour garantir la protection des droits et des libertés, tout en soulignant l’ouverture du pays aux expériences juridiques comparées et à la coopération internationale.
Le président de la République a inscrit cet événement dans une dynamique institutionnelle désormais bien établie. Il a souligné que cette conférence annuelle traduit « le dynamisme du droit constitutionnel algérien, son ouverture aux expériences internationales et son attachement à renforcer les échanges scientifiques au service de la consolidation de l’édifice de la justice constitutionnelle ».
Une manière de rappeler que l’Algérie entend inscrire ses réformes dans un dialogue juridique élargi, tout en consolidant ses propres fondements. Dans son discours, le président de la République est également revenu sur la portée historique de cet engagement, en le rattachant à la Proclamation du 1er Novembre 1954.
Il y voit une matrice fondatrice, rappelant que ce texte demeure « la référence morale et politique pour l’édification de l’Algérie nouvelle et l’ancrage du véritable sens de la citoyenneté ». Sur le plan institutionnel, Abdelmadjid Tebboune a mis en avant les évolutions introduites depuis la révision constitutionnelle de 2020.
Il a affirmé que la Cour constitutionnelle est appelée à devenir « un pilier de la stabilité institutionnelle et le garant de la véritable pratique démocratique ».
Cette évolution s’inscrit dans un processus de réformes qualifié de « courageux et réaliste », incluant des ajustements récents de la Loi fondamentale pour corriger certaines insuffisances révélées par la pratique. Le chef de l’État a insisté sur le caractère évolutif de la Constitution, décrite comme « un document vivant qui évolue avec la nation et qui ne saurait rester figé ».
Cette approche pragmatique vise à adapter le cadre juridique aux attentes de la société, tout en préservant l’équilibre institutionnel. Autre point central : le rôle du contrôle de constitutionnalité. Le Président en a donné une lecture élargie, affirmant qu’il ne s’agit pas « d’un simple mécanisme technique, mais d’une garantie souveraine majeure visant, avant tout, à renforcer la confiance du citoyen dans les lois de sa République ».
Dans cette perspective, l’introduction de l’exception d’inconstitutionnalité est présentée comme une avancée significative, permettant au citoyen de saisir directement la justice constitutionnelle. Une démarche qui, selon lui, renforce l’accès au droit et la sécurité juridique. Au-delà du cadre national, le discours s’est ouvert sur la dimension internationale.
L’Algérie, a expliqué le Président, entend partager son expérience tout en s’inspirant des autres systèmes juridiques. Il a affirmé que « la protection et la promotion des droits et des libertés constituent des valeurs humaines communes, dépassant les frontières géographiques », appelant à une coopération renforcée face aux défis contemporains.
Enfin, Abdelmadjid Tebboune a salué le rôle de la Cour constitutionnelle dans la consolidation de cette dynamique, exprimant son attente de recommandations concrètes issues des travaux de la conférence.
En clôture, le Président a officiellement lancé les travaux de cette rencontre internationale, réaffirmant, à travers cette initiative, la volonté de l’Algérie de poursuivre la consolidation de son État de droit, en phase avec les exigences nationales et les standards internationaux.

